62/ Les Abattoirs

Objet Aménagement des anciens abattoirs de la Ville de Mons
Lieu
Belgique - Mons - Place de la Grande-Pêcherie
Maîtrise d'ouvrage Ville de Mons
Réalisation 2005 - 2006
Surface 2.000 m²

En collaboration avec Archiscénographie

La mémoire muse

Le site : Structures urbaines et édifices

La lecture structurale et morphologique des lieux et la compréhension de sa mémoire inspirent. Le site des abattoirs est caractéristique, spécifique et singulier dans le paysage architectural montois. Il possède une identité en tant que tel. La configuration des espaces extérieurs et intérieurs traduit un enchaînement pratique lié à l'activité des anciens abattoirs. Si l'ensemble architectural est introverti dans son enceinte murée, chacun des bâtiments s'articule néanmoins sur une cour paysagère, fait urbain inédit, signifiant et identitaire du lieu. Le site fait 'force de lieu'. Tout y est dit, rien n'est à ajouter ou retrancher. L'intervention des auteurs de projet sera exclusivement interne aux édifices, les deux pavillons et les trois ailes d'activité.

La Grande Halle : De l'indéfini au défini à l'infini

Les abattoirs étaient des lieux aseptisés. Leur dépouillement nécessairement affirmé comme tel. Tout encombrement superflu était éliminé grâce à des dispositifs de suspension et de mobilité. Le plafond en témoigne encore. Il fallait laisser au maximum libre les sols et les murs pour en faciliter l'entretien à grand jet d'eau, pour assurer l'hygiène des locaux et en optimiser l'usage. La rigueur et la neutralité des structures confirment les nécessités industrielles et libèrent l'affectation des espaces. Manifestement, cet état de chose fait directement écho à la demande du maître de l'ouvrage. : Des espaces libres d'appropriation pour toutes sortes de manifestations. Fidèle à cette mémoire, le projet propose de restaurer l'aseptisation des murs et des sols et de confirmer l'identité industrielle des plafonds. Une blancheur éthérée et universelle couvre les sols et les murs tandis que le plafond accueillera l'ensemble des dispositifs techniques apparents dans une sombre profondeur.

Si les suspentes existantes rappellent les installations techniques industrielles elles n'en évoquent pas moins d'autres usages, tels ceux qui pourraient donner vie à toutes les scénographies imaginables. Les dispositifs industriels de suspension sont par excellence des outils de polyvalence et d'invention permanente laissant libre les sols et les murs. On les trouve dans les industries, dans certains lieux de spectacles, dans certains espaces d'exposition, … etc. A l'instar de ces exemples nous imaginons le volume du plafond des abattoirs au service des sols et des murs ainsi décontaminés de tout dispositif technique. Totalement affranchis de toutes contraintes, les volumes des salles laissent libre cours à toutes formes d'appropriations. En effet, la parfaite homothétie sol/plafond permet de disposer résolument du moindre centimètre carré. Aujourd'hui dans l'espace scénographié tout y est suspendu et une puissance similaire à celle d'antan y est restaurée.

Les Etables : Faux-semblant

Le sol pavé de la cour se poursuivait naturellement dans les étables. Il sera maintenu comme une invitation spontanée à venir découvrir les différentes collections d'artisanat d'art.

Les étables sont conçues comme autant d'écrins destinés à accueillir tant les pièces exposées que le personnel du WCC. Le propos est mobilier. L'architecture s'y déploie en autant de meubles, de vitrines, de sols, de sièges, de bureaux et de rangements que nécessite l'activité. Pourtant chacun de ces 'objets dessinés' se retire au regard pour laisser place aux oeuvres exposées et à l'activité quotidienne. Les matières, les textures et les couleurs de chacun d'eux s'articulent pour former un corps architectonique homogène. Les meubles se transforment ainsi en murs, sols, plafonds, escaliers et ouvertures comme si de rien n'était.

Le Frigo : Marcher dans la couleur

C'est l'édifice le moins généreux en lumière naturelle … et pour cause ! Ici le noir pourrait être une matière creusée par une autre. L'autre pourrait être une lumière muée en matière, et pourquoi pas une couleur. Le propos est immatériel. A priori, c'est la lumière artificielle qui tente de donner un corps à l'architecture. Les cloisonnements entre les espaces sont de curieuses machines à fabriquer de la matière lumineuse colorée témoignant alors d'une activité en service. Sinon rien, le noir absolu. Même les portes opaques d'origine sont maintenues pour contenir cette matière noire. Elle sont néanmoins affublées d'un double transparent qui, à l'occasion, se charge de négocier avec la lumière naturelle.

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